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Lutte

Sport de préhension sans coups, la lutte vise le tombé : plaquer les deux épaules de l'adversaire au tapis. Olympique depuis 1896, elle se pratique en lutte libre, masculine et féminine, et en gréco-romaine, où les prises sous la ceinture sont interdites.

Lutteur en maillot rouge faisant basculer son adversaire en maillot noir par une prise au buste, lors du tournoi de lutte gréco-romaine des Jeux de la CEI 2025 en Azerbaïdjan

Présentation

La lutte oppose deux athlètes à mains nues sur un tapis circulaire. Ni coups de poing, ni coups de pied, ni clés articulaires : on saisit, on déséquilibre, on projette et on contrôle. Le but ultime est le tombé, quand l'adversaire a les deux épaules maintenues au sol assez longtemps pour que l'arbitre constate le contrôle. À défaut, le combat se gagne aux points.

Trois styles sont olympiques. En lutte gréco-romaine, il est interdit de saisir l'adversaire sous la ceinture, de lui faire un croc-en-jambe ou de se servir activement de ses jambes. En lutte libre, les attaques aux jambes et les crochets sont permis. La lutte féminine suit les règles de la lutte libre.

La Fédération française de lutte et disciplines associées (FFLDA) gère aussi trois disciplines voisines : le grappling, le sambo et le gouren, la lutte bretonne, qui a sa propre fiche sur Sport-Fight. Elle propose également le beach wrestling, une lutte sur sable aux règles simplifiées, créée par la fédération internationale en 2006 et introduite en France en 2013.

Partout dans le monde subsistent des luttes traditionnelles, que la fédération internationale United World Wrestling (UWW) reconnaît en partie : lutte sénégalaise, lutte à la ceinture d'Asie centrale (kurash, alysh), lutte turque à l'huile, schwingen suisse.

Histoire

La lutte figure parmi les plus anciens sports représentés. Les tombes de Beni Hassan, en Égypte, montrent des centaines de couples de lutteurs peints vers le XXe siècle avant notre ère. En Grèce, la lutte entre aux Jeux olympiques antiques en 708 av. J.-C. et devient l'épreuve décisive du pentathlon.

La forme gréco-romaine moderne se codifie en Europe au XIXe siècle. En France, on l'appelait lutte à mains plates ou lutte française, et elle faisait le spectacle des foires et des music-halls. Le nom gréco-romaine, attribué à l'Italien Basilio Bartoletti, ne renvoie à aucune pratique antique précise.

La lutte gréco-romaine est au programme des premiers Jeux modernes, à Athènes en 1896 : une seule épreuve, sans catégorie de poids, gagnée par l'Allemand Carl Schuhmann. La lutte libre, alors appelée catch-as-catch-can, fait son entrée aux Jeux de Saint-Louis en 1904 avec des catégories de poids. Depuis, la lutte n'a manqué que les Jeux de 1900. La lutte féminine devient olympique à Athènes en 2004.

En février 2013, la commission exécutive du CIO propose de retirer la lutte du programme olympique. La fédération internationale réforme ses règles et sa gouvernance, et la lutte est réintégrée le 8 septembre 2013 à Buenos Aires. Longtemps appelée FILA, la fédération porte le nom de United World Wrestling depuis 2014 et siège en Suisse, à Corsier-sur-Vevey.

Côté français, Ghani Yalouz décroche l'argent olympique en gréco-romaine (68 kg) à Atlanta en 1996. À Pékin en 2008, Steeve Guénot devient champion olympique des 66 kg et son frère Christophe prend le bronze des 74 kg ; Steeve ajoute le bronze à Londres en 2012. Mélonin Noumonvi est champion du monde de gréco-romaine en 2014 (85 kg). Chez les femmes, Koumba Larroque est vice-championne du monde des 68 kg en 2018 et championne d'Europe en 2021.

Techniques

Le combat commence debout. Les lutteurs se disputent les saisies (mains, poignets, nuque, bras) pour créer une ouverture. En lutte libre, l'attaque la plus courante est le ramassement de jambes, à une ou deux jambes, qui fait tomber l'adversaire sur le dos ou sur le ventre. Les crochets et fauchages de jambe complètent l'arsenal.

En gréco-romaine, tout se joue sur le haut du corps. Les prises de référence sont le bras roulé, le tour de hanche, la tête-bras et surtout la ceinture arrière ou la souplesse, où le lutteur soulève son adversaire et le projette en arc de cercle par-dessus lui. Ces projections de grande amplitude rapportent le plus de points.

Au sol, en position de parterre, le lutteur du dessous est à quatre pattes et celui du dessus cherche à le retourner pour exposer son dos : enroulements du buste (gut wrench), retournements par le bras ou, en lutte libre, par les jambes. Le défenseur, lui, garde le ventre au tapis ou fait le pont pour éviter le tombé.

La lutte demande une condition physique très complète : force, explosivité, souplesse et endurance sur six minutes de combat intense. Le travail de la nuque, des hanches et des appuis occupe une grande part de l'entraînement.

Règles et compétition

Selon le règlement UWW de janvier 2026, un combat senior, U23 ou U20 dure deux périodes de 3 minutes séparées par 30 secondes de pause. Chez les U15, les U17 et les vétérans, les périodes sont de 2 minutes. Le tapis comprend une surface centrale de 7 mètres de diamètre, entourée d'une bande orange de 1 mètre, la zone de passivité, et d'une zone de protection de 1,50 mètre.

Le barème va de 1 à 5 points. Une sortie du tapis avec un pied entier donne 1 point à l'adversaire. Un amené au sol contrôlé ou une mise en danger (dos à moins de 90 degrés du tapis) vaut 2 points. Une projection debout qui envoie l'adversaire directement en danger vaut 4 points, et une projection de grande amplitude qui le met en position de danger immédiat vaut 5 points.

Le combat s'arrête avant la fin du temps sur tombé, sur trois avertissements, sur disqualification ou sur supériorité technique : 8 points d'écart en gréco-romaine, 10 points en lutte libre et en lutte féminine. En cas d'égalité, on départage par la prise de plus haute valeur, puis le nombre de prises de cette valeur, puis le moins d'avertissements, puis le dernier point technique marqué. L'entraîneur peut contester une décision par la vidéo (challenge) ; s'il perd, l'adversaire reçoit 1 point.

La passivité est sanctionnée. En lutte libre, le lutteur désigné passif dispose de 30 secondes pour marquer, sinon l'adversaire reçoit 1 point. En gréco-romaine, les deux premières passivités du combat donnent 1 point au lutteur actif, qui choisit de reprendre debout ou au parterre.

Chaque style compte dix catégories de poids aux championnats du monde seniors, mais six seulement aux Jeux olympiques : 57, 65, 74, 86, 97 et 125 kg en lutte libre ; 60, 67, 77, 87, 97 et 130 kg en gréco-romaine ; 50, 53, 57, 62, 68 et 76 kg chez les femmes. La pesée a lieu le matin de la compétition, avec une seconde pesée le lendemain pour les finalistes et les repêchés.

Équipement

Le lutteur porte un maillot une pièce moulant, rouge ou bleu selon le coin attribué, dans un tissu lisse sans aspérités. Il lutte en chaussures de lutte : montantes et souples, elles maintiennent la cheville et accrochent le tapis. Les modèles de compétition n'ont ni talon ni pièces métalliques.

Les protège-oreilles sont autorisés ; beaucoup de lutteurs en portent à l'entraînement pour éviter l'oreille en chou-fleur, un hématome qui se fibrose si on ne le soigne pas. Un protège-dents est recommandé. Le reste du matériel (tapis, mannequins de projection) est fourni par le club.

Pour débuter, un short, un tee-shirt près du corps et des chaussons ou des chaussures de lutte suffisent. La licence FFLDA est obligatoire pour toutes les compétitions fédérales.

Photos

Photos issues des archives de Sport-Fight.net, crédits en cours de vérification.

Vidéos

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Questions fréquentes

Quelle différence entre lutte libre et lutte gréco-romaine ?

En gréco-romaine, on n'a pas le droit de saisir l'adversaire sous la ceinture ni d'utiliser ses jambes pour attaquer : le style privilégie les projections du haut du corps. En lutte libre, les attaques aux jambes, les crochets et les fauchages sont permis. La supériorité technique est atteinte à 8 points d'écart en gréco-romaine et à 10 en lutte libre.

À quel âge peut-on commencer la lutte ?

La FFLDA ouvre la catégorie U7 dès 3 ans révolus, sous forme de jeux de lutte, sans compétition. Les premiers tournois arrivent en U9, en mixte. Un adulte peut débuter à tout âge en loisir ; la compétition vétérans existe aussi.

Quelle différence entre la lutte et le judo ?

Le judoka porte un kimono et saisit le plus souvent la veste ; le lutteur, en maillot, saisit le corps. Le judo autorise les clés de bras et les étranglements, la lutte non. Le tombé de la lutte (deux épaules au sol) diffère aussi de l'ippon du judo, qui récompense une projection nette sur le dos ou une immobilisation de 20 secondes.

Les filles peuvent-elles pratiquer la lutte ?

Oui. La lutte féminine est olympique depuis 2004, avec six catégories aux Jeux. Chez les jeunes, filles et garçons luttent ensemble jusqu'en U11 dans les compétitions de la FFLDA.

La lutte est-elle dangereuse ?

Il n'y a pas de coups, ce qui limite les commotions par rapport aux sports de frappe. Les blessures les plus fréquentes touchent les épaules, les genoux, la nuque et les oreilles. L'apprentissage des chutes et un échauffement sérieux de la nuque réduisent ces risques.

Quel matériel acheter pour débuter ?

Une paire de chaussures de lutte est le seul achat vraiment utile au départ. Le maillot devient nécessaire pour la compétition. Des protège-oreilles évitent l'oreille en chou-fleur, et un protège-dents est conseillé.

Au cinéma

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Clubs de lutte

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