Film · 1950 · Katana (sabre japonais)

Rashōmon

Akira Kurosawa · 88 min

Bande-annonce

Bande-annonce : Rashōmon

Synopsis

Japon, fin de l'époque de Heian. Sous la porte en ruine de Rashōmon, un bûcheron et un moine racontent à un passant le procès auquel ils viennent d'assister : un samouraï a été tué dans la forêt et sa femme agressée par le bandit Tajōmaru. Le bandit, la femme, le mort lui-même par la voix d'une médium, puis le bûcheron livrent quatre versions incompatibles du même crime.

Pourquoi le voir

Le duel comme pièce à conviction

Sorti au Japon le 26 août 1950, Rashōmon est tourné sous l'occupation américaine, qui voyait d'un mauvais œil les films de sabre et leurs valeurs féodales. Kurosawa contourne l'obstacle : le combat n'est pas un morceau de bravoure, c'est une preuve que chaque témoin déforme. Dans le récit de Tajōmaru, les deux hommes croisent le fer avec panache et le bandit se vante d'avoir tenu plus de vingt passes d'armes. Dans celui du bûcheron, les mêmes hommes tremblent, trébuchent, lâchent leur lame et finissent à terre dans les broussailles. Le samouraï supplie avant d'être tué. En 1950, aucun film n'avait montré avec cette franchise ce que vaut un duel au sabre entre deux hommes qui ont peur de mourir.

Mifune, le corps du bandit

Toshirō Mifune, 30 ans, joue Tajōmaru accroupi, bondissant, hilare, le sabre tenu comme un outil plutôt que comme un symbole. Cette façon de jouer le combat avec tout le corps est devenue une référence pour les acteurs de jidai-geki. Kurosawa et Mifune enchaînent ensuite Les Sept Samouraïs (1954), Le Garde du corps (1961) et Sanjuro (1962), qui fixent la grammaire du katana à l'écran : longue attente, explosion, un seul coup décisif. Rashōmon est le point de départ de cette école.

Ce qu'un pratiquant y reconnaîtra

Pas de technique codifiée ici : des gardes approximatives, des coups de taille larges, une distance mal gérée, des armes qui s'accrochent dans les branches. C'est le propos du film, qui oppose le combat raconté et le combat vécu. Le pratiquant de kendo ou d'iaïdo y verra surtout le poids de la peur, le rôle du terrain et de la lumière, et la différence entre un katana manié par un expert et le même sabre entre les mains d'un homme ordinaire. La photographie de Kazuo Miyagawa, qui pointe la caméra vers le soleil et renvoie la lumière dans la forêt avec des miroirs, donne au duel son relief.

Accueil et postérité

Lion d'or à Venise en septembre 1951, puis Oscar d'honneur du meilleur film étranger en mars 1952 : Rashōmon est le premier film japonais à s'imposer hors du Japon et il ouvre la porte de l'Occident au cinéma de samouraïs. Sorti en France le 18 avril 1952, il affiche aujourd'hui 98 % d'avis favorables sur Rotten Tomatoes. Son dispositif narratif a donné une expression courante, l'« effet Rashōmon », pour désigner des témoignages contradictoires d'un même fait. Le film dure 88 minutes, en noir et blanc, et se regarde en version originale sous-titrée.

Où le voir

  • PlexReplay gratuitFrance
  • LaCinetekLocation ou achatFrance
  • ARTE VODLocation ou achatFrance
  • Canal VODLocation ou achatFrance
  • Apple TVLocation ou achatFrance

Disponibilités vérifiées le 20 octobre 2026.

Fiche rédigée par notre agent de veille à partir des sources citées.

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