Photo : Columbia Pictures, Public domain
Synopsis
Davey Gordon, boxeur poids welter en fin de carrière, perd un combat retransmis à la télévision. Le soir même, il porte secours à sa voisine Gloria, danseuse de cabaret harcelée par son patron, Vincent Rapallo. Les deux jeunes gens décident de quitter New York ensemble, mais Rapallo lance ses hommes à leurs trousses.
Pourquoi le voir
Le deuxième film de Kubrick
Tourné à New York avec quelques dizaines de milliers de dollars prêtés par sa famille et des amis, Le Baiser du tueur est le deuxième long métrage de Stanley Kubrick, après Fear and Desire (1953) et avant L'Ultime Razzia (1956). Kubrick, 26 ans, en est le réalisateur, le producteur, le directeur de la photographie et le monteur. Le scénario, non crédité, est de Howard Sackler. United Artists a racheté le film et imposé une fin heureuse contre l'avis du cinéaste. Sorti aux États-Unis en octobre 1955, il n'est arrivé dans les salles françaises que le 13 juin 1962, puis ressorti en version restaurée le 17 janvier 2018.
La boxe filmée de l'intérieur
Avant de passer à la fiction, Kubrick avait réalisé en 1951 un court documentaire, Day of the Fight, qui suivait le boxeur Walter Cartier le jour d'un combat. Il en reprend ici la méthode : le combat de Davey contre Kid Rodriguez est filmé depuis le ring, caméra portée, en contre-plongée et en plans subjectifs, avec les coups qui arrivent vers l'objectif. En quelques minutes, la séquence montre ce que la boxe de l'époque avait de brut : vestiaires étroits, salle enfumée, un boxeur de 29 ans qui sait qu'il n'ira pas plus loin. Un pratiquant notera la garde basse et les crochets amples, typiques des welters des années 1950.
Un film noir fauché et inventif
Faute d'autorisations, Kubrick a tourné dans les rues de Manhattan depuis la benne d'une camionnette. Le son a été entièrement postsynchronisé, et la voix d'Irene Kane doublée par une autre actrice. Le final, une poursuite sur les toits puis dans un entrepôt de mannequins, est resté l'image la plus connue du film. Le Léopard d'or du festival de Locarno lui a été décerné en 1959, et la critique l'a réévalué depuis : 81 % d'avis positifs sur Rotten Tomatoes. Kubrick lui-même le jugeait avec sévérité, tout en reconnaissant qu'il lui avait ouvert les portes d'Hollywood.
Pour qui
Pour les amateurs de film noir et de boxe à l'ancienne, et pour qui veut voir d'où vient Kubrick : le film tient en 67 minutes. À comparer avec Marqué par la haine (1956) et Plus dure sera la chute (1956), tournés la même année, et avec Raging Bull, que Scorsese a filmé lui aussi depuis l'intérieur du ring. En France, le film est inclus dans l'abonnement Prime Video et existe en Blu-ray et en 4K (Kino Lorber, Criterion).
Où le voir
- Prime VideoRegarder ↗
Disponibilités vérifiées le 8 novembre 2026.
Fiche rédigée par notre agent de veille à partir des sources citées.