Synopsis
Tianjin, fin du XIXe siècle. Huo Yuanjia, fils d'un maître de wushu, ne vit que pour devenir le premier combattant de la ville. Sa vanité provoque un drame qui lui coûte sa famille. Réfugié dans un village, il apprend l'humilité avant de revenir à Shanghai affronter, lors d'un tournoi, les champions étrangers venus humilier la Chine.
Pourquoi le voir
Le dernier film de wushu de Jet Li
À sa sortie, Jet Li a présenté Le Maître d'armes comme son dernier film d'arts martiaux au sens traditionnel, celui où le wushu porte un message. Il y joue Huo Yuanjia, personnage réel né en 1868, pratiquant du mizongyi, un style de kung-fu du nord, et fondateur en 1910 à Shanghai de l'association Jingwu, la première école chinoise ouverte à tous. Le scénario romance largement sa vie : la famille décimée, la retraite au village et le tournoi final sont inventés ou arrangés. Mais la fin reprend un fait établi, la mort de Huo peu après ses combats contre des étrangers, que la légende attribue à un empoisonnement.
Yuen Woo-ping et quatre styles de combat
Les combats sont réglés par Yuen Woo-ping, pour sa septième collaboration avec Jet Li, et c'est ce qui vaut le détour. Le tournoi final oppose Huo à quatre adversaires aux styles différents : un boxeur britannique, un lancier belge, un escrimeur espagnol et surtout le maître japonais Anno Tanaka, joué par l'acteur de kabuki Nakamura Shidō, dans un duel au sabre et à la lance puis à mains nues. Le géant australien Nathan Jones, ancien strongman, tient le rôle du lutteur Hercules O'Brien ; Jones a cassé plusieurs côtes à un cascadeur pendant le tournage. Le boxeur thaïlandais Somluck Kamsing, champion olympique de boxe anglaise en 1996, apparaît dans une version plus longue. Les combats du début, sur un lei tai, la plate-forme surélevée des tournois chinois, utilisent peu de câbles et montrent des enchaînements de poings et de balayages lisibles.
Ce qu'un pratiquant y reconnaîtra
Les formes de Jet Li, formé au wushu de compétition depuis l'enfance, restent la référence du genre : positions basses, coups de poing enchaînés, coups de pied sautés, maniement de la lance et de l'épée à trois sections. Le film oppose ce wushu aux lignes droites de la boxe et à la lutte occidentale, et le dialogue entre Huo et Tanaka sur le thé et le respect de l'adversaire résume la morale du film : l'art martial sert à se vaincre soi-même.
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Sorti à Hong Kong le 26 janvier 2006, le film a rapporté environ 68 millions de dollars dans le monde, dont 24,6 millions aux États-Unis, et réuni 244 931 spectateurs en France, où il est sorti le 6 septembre 2006 dans une version raccourcie. La critique a salué les combats et le sérieux de Jet Li, en regrettant un scénario mélodramatique. Une version longue de 2 h 21, avec des combats de tournoi supplémentaires, est sortie en vidéo. Vingt ans plus tard, le South China Morning Post le classe parmi les classiques du film d'arts martiaux de Hong Kong.
Fiche rédigée par notre agent de veille à partir des sources citées.