Présentation
Le pencak silat désigne une famille d'arts de combat nés dans l'archipel malais. L'UNESCO parle d'un groupe d'arts martiaux qui se ressemblent, chaque région ayant ses mouvements, sa musique, ses costumes et ses armes. On compte des centaines d'écoles (perguruan) en Indonésie et en Malaisie.
Le pratiquant, appelé pesilat, travaille debout et près du sol. Les positions sont basses, les déplacements suivent des schémas codifiés (pola langkah) et les enchaînements s'apprennent sous forme de jurus, des séquences de mouvements comparables aux katas. Les mains nues et les armes s'enseignent ensemble : un même geste sert à frapper, à parer une lame ou à saisir un bâton.
Quatre dimensions coexistent : l'aspect mental et spirituel, la self-défense, l'art (seni), souvent exécuté au son des tambours et des gongs, et le sport de compétition. Un club peut privilégier l'une ou l'autre, ce qui explique les grandes différences d'une salle à l'autre.
En France, le pencak silat fait partie des disciplines déléguées à la Fédération française de karaté et disciplines associées (FFKDA), dans le groupe des arts martiaux du Sud-Est asiatique, aux côtés du kali eskrima.
Histoire
Les techniques de combat de l'archipel se sont transmises oralement, de maître à élève, dans les villages et les écoles. Les premiers mouvements imitaient souvent les animaux, comme le tigre ou l'aigle, et chaque région a développé son style : silek au Sumatra occidental, cimande et cikalong à l'ouest de Java, silat de Bawean, gayong en Malaisie.
Pendant la période coloniale, les autorités néerlandaises ont limité la pratique, qui a continué en secret. Elle reprend sous l'occupation japonaise, puis se diffuse largement après l'indépendance de l'Indonésie. Le 18 mai 1948, à Surakarta (Java central), naît l'IPSI (Ikatan Pencak Silat Indonesia), qui fédère les écoles du pays. C'est à cette occasion que les deux mots sont réunis dans l'appellation officielle « pencak silat ».
La fédération internationale, PERSILAT (Persekutuan Pencak Silat Antarbangsa), est fondée à Jakarta le 11 mars 1980 par les fédérations d'Indonésie, de Malaisie et de Singapour, avec Brunei. Le pencak silat entre aux Jeux d'Asie du Sud-Est en 1987, à Jakarta, et n'en est plus sorti. Il fait ses débuts aux Jeux asiatiques en 2018, à Jakarta et Palembang : l'Indonésie y remporte 14 des 16 titres.
En décembre 2019, à Bogotá, le comité de l'UNESCO inscrit deux dossiers distincts sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel : les « traditions du pencak silat » présentées par l'Indonésie et le « silat » présenté par la Malaisie. Cette double inscription reflète une pratique partagée par plusieurs pays.
Techniques
Les frappes de poing, de paume et de coude se combinent avec les coups de pied, donnés de face, en circulaire ou en retourné, souvent depuis une position basse. Le genou sert au corps à corps. Une attaque est rarement isolée : elle s'enchaîne avec une saisie ou un déséquilibre.
La spécialité du pencak silat est la mise au sol. Les balayages, les fauchages et les ciseaux de jambes (guntingan), où le pesilat enserre les jambes adverses entre les siennes pour faire chuter l'adversaire, sont travaillés dès les premiers cours. Les clés articulaires et les projections complètent le répertoire.
Les armes font partie de l'enseignement de base. La golok, sorte de machette, et la parang sont les lames de référence ; le kerambit, petite lame courbe en forme de griffe, se tient avec un doigt passé dans un anneau. On travaille aussi le keris, poignard à lame souvent ondulée, le toya ou tongkat (bâton long) et le sarong, pièce de tissu utilisée pour saisir et entraver.
L'entraînement mêle jurus en solo, exercices à deux avec attaques et défenses réglées, et assauts libres pour ceux qui préparent la compétition.
Règles et compétition
Les compétitions PERSILAT comptent quatre épreuves. Le tanding est le combat. Le tunggal est une démonstration en solo, le ganda une démonstration à deux et le regu une démonstration par équipe de trois. Certaines compétitions ajoutent une épreuve de création libre en solo.
En tanding, les seniors disputent trois reprises de 2 minutes, avec 1 minute de repos. L'aire mesure 10 m de côté et le combat se déroule dans un cercle de 8 m de diamètre. Un coup de poing ou de coude valable rapporte 1 point, un coup de pied ou de genou 2 points, une mise au sol 3 points. Les cibles autorisées se limitent au tronc : poitrine, ventre au-dessus du nombril, flancs et dos. La tête, le cou et le bas-ventre sont interdits.
Les juges peuvent aussi attribuer un point de style à la fin de chaque reprise. Les clés sont permises : le combattant qui abandonne sur une clé perd par arrêt technique. Les catégories sont réparties par sexe, âge et poids.
En tunggal, le pesilat enchaîne en 3 minutes un jurus imposé, d'abord à mains nues puis avec la golok et le bâton. Le ganda met en scène un combat chorégraphié à deux, avec et sans armes, sur 3 minutes. Le regu est exécuté à mains nues. Cinq juges notent la technique, la fermeté et l'expression ; la note la plus haute et la plus basse sont écartées.
Équipement
La tenue traditionnelle est un costume noir, veste et pantalon amples. En tanding, le combattant porte par-dessus un plastron noir homologué et une ceinture rouge ou bleue qui indique son coin. La coquille est obligatoire pour les hommes et facultative pour les femmes.
En tunggal et en ganda, le costume est uni, de la couleur choisie par l'athlète, avec un bandeau et un kain samping (pagne noué autour de la taille) autorisés. La golok de compétition mesure 30 à 40 cm et n'est pas affûtée ; le bâton en rotin mesure 1,50 m à 1,80 m.
Pour débuter en club, une tenue de sport suffit. Les armes d'entraînement sont en bois, en aluminium ou en caoutchouc ; les lames réelles ne sont utilisées qu'en démonstration, par des pratiquants confirmés.
Photos
Photos issues des archives de Sport-Fight.net, crédits en cours de vérification.
Vidéos
Questions fréquentes
Où pratiquer le pencak silat en France ?
Le pencak silat est rattaché à la Fédération française de karaté et disciplines associées (FFKDA), qui recense les clubs affiliés sur son site. Il existe aussi des associations rattachées directement à une école indonésienne ou malaisienne. Le nombre de clubs reste modeste : mieux vaut chercher par ville ou par département.
Le pencak silat est-il efficace en self-défense ?
Il a été conçu pour le combat réel : travail contre une arme, mises au sol, frappes sur des cibles vulnérables. Son efficacité dépend surtout de l'enseignement. Un club qui pratique les assauts et les exercices sous pression prépare mieux qu'un club centré uniquement sur les jurus et la démonstration.
Quelle différence entre le pencak silat et le kali (arnis) ?
Les deux viennent d'Asie du Sud-Est et enseignent les armes tôt. L'arnis philippin part du bâton et transpose ses trajectoires au couteau puis aux mains nues. Le pencak silat met davantage l'accent sur les positions basses, les balayages et les mises au sol, et associe souvent la pratique à la musique.
À quel âge peut-on commencer ?
Les compétitions de pencak silat prévoient des catégories enfants avec des reprises plus courtes. En club, les cours enfants commencent souvent vers 6 à 8 ans, sans armes tranchantes ni frappes appuyées. Les adultes peuvent débuter à tout âge, à condition d'accepter un travail exigeant pour les jambes.
Quel est le lien entre le pencak silat et le film The Raid ?
The Raid (2011), réalisé par le Gallois Gareth Evans, est tourné en Indonésie avec Iko Uwais dans le rôle principal. Les combats, réglés par Iko Uwais et Yayan Ruhian, reposent sur le pencak silat. Les deux hommes avaient déjà travaillé avec Evans sur Merantau (2009).
Le pencak silat est-il un sport olympique ?
Non. Il figure aux Jeux d'Asie du Sud-Est depuis 1987 et a fait son entrée aux Jeux asiatiques en 2018, mais il n'est pas au programme des Jeux olympiques.
Au cinéma
The Raid (2011)
Gareth Evans
Clubs de pencak silat
Les villes qui comptent le plus de clubs :
- Saint-Paul (974)4 clubs
- Paris (75)3 clubs
- Saint-Denis (974)3 clubs
- Montpellier (34)2 clubs
- Maisons-Laffitte (78)2 clubs
- Hyères (83)2 clubs
- La Chapelle-Palluau (85)2 clubs
- Le Tampon (974)2 clubs
- Nouméa (988)2 clubs




