Biographie
Gordon Liu, de son nom de naissance Sin Kam-hei, est né le 22 août 1951 à Foshan, dans la province chinoise du Guangdong, selon la plupart des sources ; quelques-unes avancent 1955. Son nom de scène cantonais, Lau Ka-fai, est un hommage à la famille qui l'a formé au kung-fu. Il n'a pas été adopté par les Lau, contrairement à ce qui est souvent écrit : il est le filleul de Lau Cham et a pris son nom par respect pour le maître et son épouse.
Formé au hung gar à l'insu de ses parents
Adolescent, Liu sèche l'école pour s'entraîner en secret au kung-fu. Il apprend le hung gar dans l'école de Lau Cham, un style du Sud de la Chine qui remonte, par Lam Sai-wing, au célèbre Wong Fei-hung. Le hung gar se reconnaît à ses positions basses et stables, à ses blocages durs et à ses frappes de poing portées depuis la position du cavalier : c'est ce bagage que Liu apportera à l'écran. Dans l'école, il côtoie le fils du maître, Lau Kar-leung, chorégraphe de la Shaw Brothers, qui deviendra son réalisateur attitré et, dans la tradition chinoise, son « frère de kung-fu ». Après un emploi de commis à l'expédition, c'est Lau Kar-leung qui lui offre ses premiers rôles.
La Shaw Brothers et la 36e chambre
Liu débute comme cascadeur, puis dans de petits rôles pour la Chang's Film Company, filiale taïwanaise de la Shaw Brothers dirigée par Chang Cheh, dont Les Cinq Maîtres de Shaolin (1974). Lau Kar-leung passe à la réalisation en 1975 et lui confie dès l'année suivante le rôle de Wong Fei-hung dans Le Combat des maîtres. Puis vient le film qui fait de lui une vedette internationale : La 36e Chambre de Shaolin (1978), où il incarne San Te, un jeune homme qui entre au temple de Shaolin pour venger sa famille et traverse, chambre après chambre, les épreuves d'entraînement des moines. Le film consacre le crâne rasé de Liu, comparé à celui de Yul Brynner, et une mise en scène de l'apprentissage, patiente et répétitive, que peu de films de kung-fu avaient osée.
Suivent Les Exécuteurs de Shaolin (1977), Shaolin contre Ninja (1978), où son personnage affronte un à un des experts d'armes japonaises, Le Prince et l'arnaqueur (1979), Retour à la 36e chambre (1980), Martial Club (1981) et Les Huit Diagrammes de Wu-Lang (1984), où il manie le bâton long face aux envahisseurs. Lau Kar-leung l'impose en tête d'affiche malgré une carrure plus fine que celle des héros musclés de l'époque. À la fin des années 1980, le déclin de la Shaw Brothers le conduit vers des seconds rôles et vers la télévision, où il travaille de longues années pour la chaîne TVB, souvent en maître d'arts martiaux ou en officier de police, parfois dans des rôles comiques.
Un style à l'écran
Liu n'est pas un acrobate à la manière de Jackie Chan ni un cogneur à la manière de Bruce Lee. Sa force est la lisibilité : des formes de hung gar exécutées en entier, des blocages visibles, des enchaînements longs filmés en plans larges par Lau Kar-leung, qui tenait à montrer les techniques telles qu'elles s'enseignent. Un pratiquant reconnaîtra dans ses films la position du cavalier, le travail des avant-bras, les frappes du tigre et de la grue, et surtout les séquences d'entraînement, qui sont souvent la vraie matière du récit. Son surnom chez les amateurs anglophones, « Master Killer », vient du titre américain de La 36e Chambre de Shaolin.
Kill Bill et l'héritage
Quentin Tarantino, admirateur de longue date, lui écrit deux rôles dans Kill Bill : Johnny Mo, le chef des Crazy 88 qui affronte Uma Thurman au sabre dans le Volume 1 (2003), puis Pai Mei, le maître à la barbe blanche qui enseigne à la Mariée la technique des cinq points dans le Volume 2 (2004). Ces rôles le ramènent sur le devant de la scène et lui valent de nouveaux films en Chine, dont Chandni Chowk to China (2009), True Legend (2010), Dragon Gate, la légende des sabres volants (2011) et L'Homme aux poings de fer (2012), produit par Tarantino et réalisé par RZA, qui avait bâti l'imaginaire du Wu-Tang Clan sur La 36e Chambre de Shaolin.
Victime d'un accident vasculaire cérébral en août 2011, Liu a mis fin à ses apparitions publiques en mars 2012. Il a été intronisé au Martial Arts History Museum Hall of Fame en 2020. Son héritage tient en un film, vu et revu par des générations de pratiquants, et en une idée : montrer que le kung-fu s'apprend, lentement, par l'effort.
Au cinéma 2 films de l’annuaire
Kill Bill : Volume 1 (2003)
Quentin Tarantino
Kill Bill : Volume 2 (2004)
Quentin Tarantino
Filmographie
| Année | Le film | Métier |
|---|---|---|
| 2012 | L'Homme aux poings de fer | acteur |
| 2011 | Dragon Gate, la légende des sabres volants | acteur |
| 2010 | True Legend | acteur |
| 2010 | Hot Summer Days | acteur |
| 2009 | Chandni Chowk to China | Hojo |
| 2005 | A Chinese Tall Story | acteur |
| 2004 | Kill Bill : Volume 2 | Pai Mei |
| 2004 | Shaolin vs. Evil Dead | acteur |
| 2003 | Drunken Monkey | acteur |
| 2003 | Kill Bill : Volume 1 | Johnny Mo |
| 2003 | Star Runner | acteur |
| 1995 | Top Fighter | acteur |
| 1994 | Drunken Master 3 | acteur |
| 1994 | The Kung Fu Scholar | acteur |
| 1993 | Les Griffes d'acier | acteur |
| 1993 | Flirting Scholar | acteur |
| 1989 | My Heart Is That Eternal Rose | acteur |
| 1989 | Avenging Trio | acteur |
| 1988 | The Peacock King | acteur |
| 1985 | The Young Vagabond | acteur |
| 1984 | Les Disciples de la 36e chambre | San Te |
| 1984 | Les Huit Diagrammes de Wu-Lang | Yang Wu-lang |
| 1984 | Les Enfants de Shaolin | acteur |
| 1983 | Shaolin contre Wu Tong | acteur et réalisateur |
| 1982 | The Shaolin Drunken Monk | acteur |
| 1981 | Martial Club | acteur |
| 1981 | Lady Kung-Fu | acteur |
| 1980 | Retour à la 36e chambre | acteur |
| 1980 | Le Poing mortel du dragon | acteur |
| 1979 | Le Prince et l'arnaqueur | acteur |
| 1978 | La 36e Chambre de Shaolin | San Te |
| 1978 | Shaolin contre Ninja | Ah To |
| 1977 | Les Exécuteurs de Shaolin | Tung Chien-chin |
| 1976 | Le Combat des maîtres | Wong Fei-hung |
| 1975 | Marco Polo | acteur |
| 1974 | Tout pour le kung fu | acteur |
Fiche rédigée par notre agent de veille à partir des sources citées.