Karaté et taekwondo se ressemblent au premier regard : une tenue blanche, des ceintures de couleur, des enchaînements codifiés et des combats où l'on frappe avec les poings et les pieds. Les deux disciplines n'ont pourtant ni la même origine, ni les mêmes règles, ni le même avenir olympique. Le karaté travaille à part égale les bras et les jambes, avec des balayages et des projections. Le taekwondo a fait du coup de pied, souvent haut et tournant, son arme principale.
Deux histoires liées
Le karaté naît sur l'île d'Okinawa, où des techniques locales se mélangent à des méthodes chinoises. Gichin Funakoshi le fait connaître à Tokyo en 1922. Le mot karaté, « main vide », s'impose ensuite au Japon, et plusieurs grands styles se structurent : Shotokan, Goju-ryu, Shito-ryu et Wado-ryu, toujours enseignés en France.
Le taekwondo, « la voie du pied et du poing », se forme en Corée après 1945. Plusieurs fondateurs des premières écoles, les kwan, avaient pratiqué le karaté au Japon, ce qui explique les ressemblances des débuts. Le nom est adopté dans les années 1950, et le général Choi Hong-hi crée en 1966 la Fédération internationale de taekwondo (ITF). Le Kukkiwon, académie nationale coréenne, ouvre en 1972, et la fédération mondiale aujourd'hui appelée World Taekwondo est fondée en 1973. C'est elle qui gère le taekwondo olympique.
Ce que l'on fait pendant un cours
Un cours de karaté commence souvent par le kihon, la répétition des techniques de base en ligne : coups de poing, blocages, coups de pied, déplacements. Vient ensuite le kata, un enchaînement fixe contre des adversaires imaginaires, puis le kumite, le travail à deux, d'abord codifié, puis libre. Les coups de poing occupent une grande place, avec des frappes courtes et appuyées. Selon le style, vous travaillerez aussi les balayages, les saisies et les projections.
Un cours de taekwondo laisse plus de temps aux jambes. Échauffement long, souplesse et coups de pied sur raquettes forment la base de la séance. On y apprend le poomsae, l'équivalent du kata, et le combat (kyorugi), où l'on travaille la distance, les feintes et les coups de pied retournés. La séance est souvent plus dynamique et plus sautée qu'au karaté. Les clubs de la fédération proposent aussi des pratiques sans opposition : poomsae, démonstrations, taekwondo forme ou body taekwondo.
Sur le plan physique, le taekwondo demande davantage de souplesse des hanches et des ischio-jambiers. Le karaté sollicite plus le gainage et la puissance des bras. Les deux développent la coordination, l'équilibre et le cardio.
La compétition
En kumite de karaté, un combat senior dure 3 minutes. Un coup de poing au visage ou au corps vaut 1 point (yuko), un coup de pied au corps 2 points (waza-ari), un coup de pied à la tête ou une technique sur un adversaire au sol 3 points (ippon). Un écart de 8 points arrête le combat. Les coups sont contrôlés : on marque en touchant, pas en mettant hors de combat. En kata, des juges notent la technique et la qualité athlétique de l'enchaînement.
En taekwondo olympique, les combattants portent un plastron, un casque et des chaussettes électroniques qui enregistrent les touches. Un coup de poing au plastron vaut 1 point, un coup de pied au plastron 2 points, un coup de pied à la tête 3 points ; les coups de pied tournants rapportent 4 points au corps et 5 à la tête. Les coups de poing au visage sont interdits. Aux Jeux de Paris 2024, le combat se jouait en deux manches gagnantes de 2 minutes. Le contact est plus appuyé qu'au karaté, et les KO restent possibles sur coup de pied à la tête.
La grande différence est olympique. Le taekwondo est au programme depuis Sydney en 2000 ; à Paris en 2024, Althéa Laurin a remporté l'or en plus de 67 kg et Cyrian Ravet le bronze en moins de 58 kg. Le karaté n'a été olympique qu'une fois, à Tokyo en 2021, où Steven Da Costa a gagné l'or en moins de 67 kg. Il n'était pas à Paris en 2024 et ne sera pas à Los Angeles en 2028. Ses grands rendez-vous restent les championnats du monde et d'Europe et les Jeux mondiaux.
Grades et ceinture noire
Au karaté, la Fédération française de karaté (FFK) suit l'ordre blanche, jaune, orange, verte, bleue, marron, puis noire. Les ceintures de couleur sont données par le professeur, les dan par la fédération. L'ordre exact peut varier selon le style et le club.
Au taekwondo, la Fédération française de taekwondo (FFTDA) compte dix keup : blanche, jaune, bleue puis rouge, avec des barrettes entre les couleurs. La ceinture noire 1er dan se passe au plus tôt à 14 ans révolus, après trois saisons de licence. Le Kukkiwon délivre aussi aux moins de 15 ans un poom, grade rouge et noir réservé aux jeunes, converti en dan plus tard.
Âge, licence et prix d'une saison
Le taekwondo accueille les tout-petits : la FFTDA délivre une licence baby dès 3 ans, à 25 euros pour les 3 à 5 ans et 40 euros à partir de 6 ans en 2026-2027. Un passeport sportif à 20 euros, valable 8 ans, est demandé à partir de 6 ans. En karaté, beaucoup de clubs ouvrent des ateliers d'initiation à 5 ou 6 ans ; la licence FFK coûte de 37 à 39 euros selon les clubs qui l'affichent pour 2026-2027.
La cotisation complète, licence comprise, se situe le plus souvent entre 150 et 300 euros par an pour un adulte dans les deux disciplines, selon la ville et le nombre de cours. Le Pass'Sport s'applique aux deux pour les jeunes qui y ont droit. Prévoyez un karatégi ou un dobok (le dobok du taekwondo a un col en V) pour quelques dizaines d'euros, puis des protections si vous faites du combat : mitaines, protège-tibias, protège-pieds, protège-dents et coquille. Beaucoup de clubs les prêtent la première saison.
Lequel choisir selon votre profil
Choisissez le karaté si vous aimez la précision, le travail du haut du corps et la répétition technique, si le kata vous attire, ou si vous cherchez un style traditionnel précis, Shotokan, Goju-ryu ou autre. Son combat à la touche convient bien à ceux qui veulent s'opposer sans encaisser de coups appuyés.
Choisissez le taekwondo si les coups de pied hauts et acrobatiques vous plaisent, si vous êtes souple ou prêt à le devenir, et si l'objectif olympique compte pour un jeune compétiteur. C'est aussi une bonne porte d'entrée pour les enfants de 3 à 5 ans, grâce aux cours baby.
Dans les deux cas, le professeur et l'ambiance du club comptent autant que la discipline. La plupart des clubs offrent une ou deux séances d'essai : faites-en une dans chaque dojo avant de prendre la licence.
Questions fréquentes
Quelle est la principale différence entre le karaté et le taekwondo ?
Le karaté, venu d'Okinawa, équilibre les techniques de bras et de jambes et ajoute balayages et projections. Le taekwondo, coréen, fait des coups de pied hauts et tournants son arme principale, et son combat se pratique avec un plastron électronique.
Le karaté est-il encore olympique ?
Non. Le karaté n'a été olympique qu'aux Jeux de Tokyo, disputés en 2021. Il n'était pas au programme de Paris 2024 et ne le sera pas à Los Angeles 2028. Le taekwondo est olympique depuis Sydney 2000.
À quel âge commencer le karaté ou le taekwondo ?
Le taekwondo accueille les enfants dès 3 ans avec une licence baby. En karaté, la plupart des clubs ouvrent des cours d'initiation vers 5 ou 6 ans. Un adulte peut débuter l'un ou l'autre à tout âge.
Combien coûte une saison de karaté ou de taekwondo ?
Comptez le plus souvent 150 à 300 euros par an pour un adulte, licence comprise. La licence FFK coûte 37 à 39 euros, la licence FFTDA 40 euros à partir de 6 ans, plus un passeport sportif de 20 euros valable 8 ans.
Lequel est le plus efficace en self-défense ?
Aucun n'est d'abord une méthode de self-défense. Le karaté travaille davantage les coups de poing à courte distance et les saisies selon les styles ; le taekwondo donne des jambes rapides et une bonne gestion de la distance. Le contenu du cours compte plus que le nom de la discipline.
Ce guide a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle, puis relu et validé par la rédaction.