Biographie
Un nageur devant la caméra
Wang Zhengquan naît le 28 mars 1943 à Shanghai, dans une famille originaire de Wuxi, dans le Jiangsu. Il s'installe à Hong Kong en 1961 et étudie au Chu Hai College. Avant le cinéma, son terrain est la piscine : il détient alors un record des championnats chinois de natation de Hong Kong et joue au water-polo. Les sources ne s'accordent pas sur sa formation martiale ; sa présence physique d'athlète, en revanche, frappe tous ceux qui le filment.
Il apparaît d'abord comme figurant dans The Ghostly Murderer (1964), un film cantonais. En juillet 1964, la Shaw Brothers organise un casting ouvert pour le premier rôle de Tiger Boy, réalisé par Chang Cheh. Wang Yu l'emporte et devient l'acteur fétiche du réalisateur.
Le sabreur manchot
La consécration arrive avec Un seul bras les tua tous (The One-Armed Swordsman, 1967), de Chang Cheh. Le film dépasse le million de dollars de Hong Kong de recettes et bat les records du box-office local. Wang Yu y installe un personnage qui le suivra : le jeune héros froid et fier, blessé, qui se relève par la lame. Suivent The Assassin (1967), Le Retour de l'hirondelle d'or (Golden Swallow, 1968) et Le Bras de la vengeance (1969), suite directe du sabreur manchot. Il devient alors la vedette de kung-fu la mieux payée de Hong Kong.
En 1970, il passe derrière la caméra. The Chinese Boxer, tourné en Corée, qu'il écrit, réalise et interprète, est le plus gros succès de l'année à Hong Kong. Le film délaisse le sabre pour le combat à mains nues et il est souvent présenté comme l'un des premiers films de kung-fu modernes, avant la vague lancée par Bruce Lee.
Taïwan, la guillotine volante et l'Australie
La même année, il quitte la Shaw Brothers et s'installe à Taïwan. Il enchaîne plus d'une douzaine de films entre 1971 et 1972, dont L'Épée de la puissance (1971), Furious Slaughter (1972) et un croisement inattendu avec le cinéma japonais : La Légende de Zatoïchi : Zatoïchi contre le sabreur manchot (1971), où il reprend son rôle face au masseur aveugle de Shintaro Katsu.
Il écrit et réalise aussi ses films de combat : The Brave and the Evil (1971), Le Boxeur manchot (1972), Beach of the War Gods (1973), puis Le Bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante (Master of the Flying Guillotine, 1976). Ce dernier, où un boxeur manchot affronte des champions de plusieurs écoles avant un assassin armé d'une guillotine volante, est devenu un film culte ; Quentin Tarantino le cite parmi ses favoris.
En 1975, Golden Harvest coproduit avec une société australienne L'Homme de Hong Kong (The Man from Hong Kong). Wang Yu tient le premier rôle et codirige le film avec Brian Trenchard-Smith ; il règle les scènes d'action avec l'équipe de cascadeurs australiens. Il fonde ensuite sa propre société, réalise Return of the Chinese Boxer (1977), puis s'associe à l'acteur David Chiang pour coréaliser The One Armed Swordsmen.
Producteur, puis retour tardif
Dans les années 1980, il se tourne vers les affaires et n'apparaît plus qu'en invité, par exemple dans Shanghaï Express (Millionaires' Express, 1986) de Sammo Hung. Il est acteur et producteur exécutif d'Island of Fire (1990), avec Jackie Chan, et produit deux films d'Ann Hui, dont Song of the Exile (1990). En 2002, la comédie américaine Kung Pow réutilise des images de son Tiger and Crane Fist.
En 2010, Peter Chan le fait revenir pour Wu Xia (2011), face à Donnie Yen, en chef de clan redoutable. Le rôle lui vaut deux nominations au prix du meilleur second rôle, aux Hong Kong Film Awards et aux Golden Horse Awards de Taïwan. En 2013, il remporte le prix du meilleur acteur au festival du film de Taipei pour Soul, de Chung Mong-hong. Les Golden Horse lui remettent un prix pour l'ensemble de sa carrière en 2019, des mains d'Ang Lee.
Jimmy Wang Yu meurt à Taïwan le 5 avril 2022. Dans sa nécrologie, le New York Times le décrit comme la plus grande vedette du cinéma d'arts martiaux asiatique jusqu'à l'arrivée de Bruce Lee.
Filmographie
| Année | Le film | Métier |
|---|---|---|
| 2013 | Soul | rôle principal |
| 2011 | Wu Xia | le maître du clan |
| 2002 | Kung Pow | images d'archives de Tiger and Crane Fist |
| 1990 | Island of Fire | acteur et producteur exécutif |
| 1986 | Shanghaï Express | apparition |
| 1982 | Attack Force Z | |
| 1982 | La Mission fantastique | |
| 1977 | Return of the Chinese Boxer | rôle principal et réalisation |
| 1976 | Le Bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante | rôle principal, réalisation et scénario |
| 1976 | The Killer Meteors | |
| 1976 | A Queen's Ransom | |
| 1976 | One Armed Swordsman Against Nine Killers | |
| 1976 | The One Armed Swordsmen | coréalisation avec David Chiang |
| 1975 | L'Homme de Hong Kong | rôle principal, coréalisation |
| 1975 | Tiger and Crane Fist | acteur et réalisation |
| 1974 | Tout pour le kung fu | |
| 1974 | The Dragon Squad | acteur et réalisation |
| 1973 | A Man Called Tiger | |
| 1973 | Beach of the War Gods | acteur et réalisation |
| 1973 | Seaman No. 7 | |
| 1973 | Knight Errant | |
| 1973 | La Reine du karaté | |
| 1973 | Les 2 intrépides du karaté | |
| 1972 | Le Boxeur manchot | rôle principal, réalisation et scénario |
| 1972 | L'Épée de la puissance | |
| 1972 | Furious Slaughter | |
| 1972 | The Lion's Heart | |
| 1972 | Chow Ken | |
| 1972 | Wang Yu, King of Boxers | |
| 1972 | Boxers of Loyalty and Righteousness | |
| 1972 | Wang Yu n'a pas de pitié pour les canards boiteux | |
| 1971 | La Légende de Zatoïchi : Zatoïchi contre le sabreur manchot | le sabreur manchot |
| 1971 | The Brave and the Evil | acteur et réalisation |
| 1971 | Blood of the Dragon | |
| 1970 | The Chinese Boxer | rôle principal, réalisation et scénario |
| 1969 | Le Bras de la vengeance | le sabreur manchot, rôle principal |
| 1968 | Le Retour de l'hirondelle d'or | |
| 1968 | The Sword of Swords | |
| 1967 | Un seul bras les tua tous | le sabreur manchot, rôle principal |
| 1967 | The Assassin | rôle principal |
| 1966 | Tiger Boy | rôle principal |
| 1966 | Le Trio magnifique |
Fiche rédigée par notre agent de veille à partir des sources citées.